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Pour en finir avec l’obsolescence programmée
 
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Pour en finir avec l’obsolescence programmée
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Les produits seraient soigneusement conçus pour ne pas trop durer, nous obligeant ainsi à en racheter fréquemment…

L’obsolescence programmée, thème en vogue depuis un bon demi-siècle chez les critiques du capitalisme, des grandes entreprises et du marketing, connaît de temps en temps des sursauts de popularité. C’est le cas ces jours-ci. Mathieu Roy, réalisateur du récent documentaire Surviving Progress, déplorait en entrevue notre surconsommation, nourrie par les entreprises au moyen de l’obsolescence programmée. Maintenant, même un expert en marketing se met de la partie : dans le livre On veut votre bien et on l’aura : la dangereuse efficacité du marketing, Jacques Nantel, professeur de HEC Montréal, blâme, pour notre propension à nous surendetter, les techniques de « manipulation » des entreprises. Dont, bien sûr, l’obsolescence programmée…

Thèse attrayante : les produits, explique- t-on, seraient soigneusement conçus pour ne pas trop durer, nous obligeant ainsi à en racheter fréquemment… et à gonfler les coffres des entreprises, ces si parfaites coupables : ah, voilà pourquoi l’on ne peut même plus faire réparer une imprimante, un grille-pain ou un téléphone (« cela coûtera moins cher d’en acheter un nouveau ») ! Voilà pourquoi nos cellulaires, ordinateurs, iPod et iPhone sont si vite désuets ! Voilà pourquoi nos parents pouvaient garder leurs électroménagers pendant 30 ans, mais pas nous !

Mais y a-t-il vraiment dessein, voire collusion, pour fabriquer des biens qui ne durent pas ? Si seulement telle planification était possible… En réalité, c’est fréquemment le contraire : plusieurs entreprises, visant le court terme, ont peu à peu réduit leurs contrôles de qualité. Souvent au détriment, d’ailleurs, de leur valeur de marque. Côté technologie, la course pour suivre les derniers développements envoie aux rebuts, à un rythme effarant, nos ordinateurs, cellulaires et téléviseurs ; course trop effrénée pour être l’objet d’une action concertée. Ajoutons à tout cela l’effet de mode et le désir des consommateurs : on change son iPhone ou son Mac, même s’il fonctionne encore, parce qu’on veut le nouveau modèle, plus performant et, aussi plus attrayant…

Car c’est l’autre raison pour laquelle on remplace des objets : le design et la mode. Le remarquable documentaire Prêt à jeter, réalisé par Cosima Dannoritzer, diffusé au début de 2011 par Arte en Europe et offert sur le web, fait notamment ressortir l’apport de Brooks Stevens, pionnier du design industriel dans les années 50. Il tenait à concevoir des objets qui « susciteraient le désir, donneraient envie d’acheter toujours quelque chose d’un peu mieux, un peu plus nouveau ». Il y aurait d’ailleurs un parallèle intéressant à tracer avec Steve Jobs et Apple… Les rares cas d’obsolescence programmée qui semblent documentés faisaient suite à la Grande Dépression, alors que de fortes craintes concernaient l’effondrement économique, pas l’environnement.

Mais maintenant, certaines marques recommencent à positionner leurs produits sur la durabilité. En fait, ce sont souvent les consommateurs qui résistent mal à l’envie d’acquérir du nouveau, du mieux conçu et du plus attrayant. À moins qu’on ne décide de boycotter l’innovation…

Commentaires

  1. Par JP Lafortune
    mardi, 03 janvier 2012 à 11:04

    À quand le retour des produits garantis à vie? Je crois qu'avec la conscientisation grandissante, de plus en plus de gens serait preneur pour des produits conçu pour durer.

    Le défi est dans la créativité de modèle d'affaires novateur. Une idée folle: Suite à la mort de Steve Jobs, Apple devrait concevoir un nouvel iPhone garanti à vie, avec des composantes non seulement durables mais compatibles et remplaçables.

    Comment resteraient-ils en affaires? D'abord en réduisant leur appétit sur les profits et en misant sur leur position de chef de file pour que les autres entreprises les suivent dans un capitalisme renouvelé. Peut-être en ce concentrant sur un contenu qui sort de l'ordinaire, en réduisant les heures de travail des employées... parce qu'en fin de compte; Avons-nous même le temps de jouir de toute cette merveilleuse technologie qui inonde le marché ? Et si le salariage semble toujours nécessaire pour certains visionnaires avides, il faudra revoir le principe de l'économie en croissance infini.

    Osez voir des solutions alternatives en 2012... ou refuser d'acheter!

  2. Par Etienne Chabot, http://etiennechabot.com
    mardi, 03 janvier 2012 à 01:42

    L'obsolescence planifiée (s'il en est une) n'est que la conséquence logique de l'obligation des entreprises de produire des résultats à court terme souvent au détriment de meilleures résultats à long terme. Oui, beaucoup de produits durent moins longtemps mais une forte proportion de produits de consommation coutent le même prix ou moins chers qu'il y a 25 ans. Une duo laveuse-sécheuse coutait 1500$ en 1985, on en voit présentement à 799$, c'est clair que les composantes du dernier sont moins durables...

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