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Office de la langue française: ne dites plus "branding", mais "choix de la marque"
 
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Cliquez ici pour lire le billet sur le blogue de Solo.

L'agence Solo, qui s'est récemment fait demander par l'Office québécois de la langue française (OQLF) de retirer le mot "branding" de sa devanture, défend la pertinence de ce terme.  

"Ce mot si commun dans notre industrie, mais si obscur pour tant d'autres personnes, a trouvé en janvier un nouvel écho à l'OQLF, qui nous a formellement demandé de le retirer de notre signalisation extérieure en invoquant la loi sur l'affichage en français. L'office nous recommande "choix de la marque", en lieu et place", écrit Philippe Jacques, président de Solo, dans son billet publié sur le blogue de l'entreprise.

Il lance, par le fait même, un débat sur l'utilisation et la signification du terme "branding". "Il s'agit d'un mot dont il est fait un usage excessif dans notre milieu, et pas toujours pour les bonnes raisons d'ailleurs, comme votre article d'octobre passé l'a bien souligné, indiquait-il alors à Infopresse. Mais devons-nous collectivement, les professionnels de la communication que nous sommes, laisser à d'autres le soin de définir ce qu'est le branding, et par le fait même la compréhension de cette fonction?" Il mentionne par ailleurs dans son billet: "Dans une langue, l'usage est toujours plus avant-gardiste que le dictionnaire, et nous utilisons tous le mot branding régulièrement, pour ne pas dire quotidiennement, écrit-il. Qui se rappelle de "Mercatique" pour traduire le mot marketing? Le branding possède, selon moi, tout le potentiel nécessaire pour s'intégrer tel quel dans la langue française." 

Les commentaires ont été nombreux, après que le billet ait été relayé sur le compte Twitter d'Infopresse (@Infopresse) mercredi en fin de journée. "Si on accepte que le terme marketing désigne une spécialité professionnelle, il me semble logique que le mot «branding» ait également le droit de citer (sic)", écrit un lecteur. "Je ne suis pas encore convaincu, écrit par contre un autre. Contrairement au mot marketing qui a la chance de bien se prononcer en anglais ET en français, branding déclenche chez moi une réaction épidermique lorsqu'il est prononcé «à la française», surtout en France, où je suis revenu en 2007. Si on l'accepte, alors au moins qu'on le prononce bien!"

"Je continue de lire les commentaires des intervenants, je vais pouvoir bien me documenter pour ma réponse officielle à l'OQLF", commente pour sa part Philippe Jacques.

Commentaires

  1. Par Pierre Breton, SQLiaison
    vendredi, 12 février 2010 à 08:17

    En 1988, lorsque j'étais rédacteur en agence, L'OQLF refusait l'utilisation du terme téléphone sans-fil. Elle imposait alors téléphone sans cordon.

    Abus de pouvoir d'un microbe dans un univers de 190 millions de personnes ayant depuis longtemps accepté le terme branding, pour le meilleur et pour le pire.

  2. Par Pier Lalonde, Pixel & Cie
    vendredi, 12 février 2010 à 08:37

    AVANT L’OQLF

    Hier, tandis que je faisais du lobbying dans le parking et que je sortais d’un meeting avec des as du marketing pour faire un lifting au branding de leur holding, je répondis à mon appareil qui faisait dring dring... « Stop! Mais qu’avez-vous fait, me dit-on. Chassez ce mot en ing que nous ne saurions accepter ni entendre ! »

    J’obtempérai et revis ma phrase, en m’excusant profondément d’avoir créé un tel outrage. La revoici donc:

    Hier, tandis que je faisais du lobby_ dans le park_ et que je sortais d’un meet_ avec des as du market_ pour faire un lift_ au ???? de leur hold_, je répondis à mon appareil qui faisait dr_, dr_.

    Jogging quelqu’un?

  3. Par gilles thomson, La langue de Molière
    vendredi, 12 février 2010 à 09:38

    Je suis d'accord qu'il y a beaucoup plus sérieux que le mot BRANDING.

    Mais cela ne peut pas nuire.

    En passant...

    Si vous avez à cœur la langue de Molière, pouvez-vous faire circuler dans votre milieu!

    Merci à l'avance!

    CENTRE-VILLE DE MONTREAL

    ====================================

    Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos

    Déjà un millier de dérogations à la Charte de la langue française!

    Et ce ne sont ni des rumeurs, ni des ouï-dire, ni des peurs mal-fondées, ni des épouvantails à moineaux, ni des conclusions théoriques basées sur des rapports de statistiques tronquées produits par l'O.Q.L.F;  Ce n'est qu'un constat sur le terrain.

    Et comme Paul Watzlawick, philosophe et grand psychanalyste, dit bien dans sa formule: "La déliquescence des cultures précède la disparition des sociétés".

    « Quand nous défendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule. » – Pierre Bourgault

    Allez visiter le site web d'Impératif Français pour voir en totalité le millier d'infractions à la loi 101 au centre-ville de Montréal :

    www.imperatif-francais.org/.../montreal-anglais.html

    Pour un bref aperçu (si vous manquez de temps), allez visiter ce lien:

    www.youtube.com/.../montrealenfrancais

    Gilles Thompson

  4. Par Robert Beausoleil
    vendredi, 12 février 2010 à 10:01

    Décortiquons :

    "Brand" = mot anglais signifiant "marque"

    "... ing" = le fait de concevoir tous les éléments liés à la notion de marque, d'établir une stratégie de marque pour un produit ou une entreprise.

    Tiens donc : dans le granddictionnaire.com (la bible de l'OQLF), on peut lire que la première suggestion pour "branding" est justement "stratégie de marque"; la seconde : "choix de la marque". Beuark pour "choix de la marque" puisqu'on ne fait pas que choisir une marque quand on fait du "branding".

    Mais "stratégie de marque" - ou "expert en stratégie de marque" pour une firme comme Solo - me semble précis, pertinent, hautement français et nettement plus évocateur qu'"expert en branding".

    Difficile de changer ses petites habitues ? Oui. Mais bon. Après l'avoir intégré un néologisme une vingtaine de fois dans son vocabulaire, ça devient un automatisme ensuite. Pensez à "Courriel" au lieu de "E-mail". On s'y est habitués facilement et rapidement. Au point où ça fait tellement bizarre d'entendre nos amis français avec leurs "méls".

  5. Par paul pinard, MDI
    vendredi, 12 février 2010 à 10:22

    Refaire le branding...

    Refaire le choix de la marque...

    Il me semble que je ne comprends rien de la deuxième affirmation. Est-ce que l'OQLF a consulté le milieu professionnel afin de faire une traduction juste du mot branding? Comment se peut-il que le mot "marketing" ait réussi à se frayer une place dans le vocabulaire quotidien sans qu'il se fasse crucifier? Est-ce qu'il n'y a pas, justement, quelque chose à apprendre de l'acceptation de ce dernier? S-v-p, trouvez une meilleure cause à défendre!

    @Pier Lalonde. Maintenant c'est:

    Hier, tandis que je faisais de la pression de corridors dans le parc automobile et que je sortais d’une rencontre avec des as de la mercatique pour faire une revitalisation du choix de la marque de leur groupement, je répondis à mon appareil qui faisait drelin drelin...

  6. Par Pier Tremblay, Bradroit - Expert en image de marque
    vendredi, 12 février 2010 à 10:38

    Hum! Beau débat...

    Je pense que tout comme le mot «design» a mis plusieurs années à s'imposer auprès des gens d'affaires, le mot «branding» trouvera sa juste place. Je suis un ardent défenseur de la langue française, mais le mot «image de marque» ne traduit pas l'essence du mot branding à savoir les 6 éléments essentiels d'une marque et son implantation dans les 12 vecteurs de marché.

    J'ai eu la chance de recueillir les points de vue clients à propos «image de marque» et je m'aperçois que trop souvent cela ramène à l'identité (signature ou logotype). Je trouve cela trop réducteur.

    Pour ceux qui sont familier avec la langue de Shakespeare, Errold Saldanha avait fait paraître un article l'an passé dans Apllied Arts sur le mot «branding». je vous invite à lire cet article pour vous faire une idée. Voici le lien vers son blog  «brand for branding» : www.brandingbranding.com

    Je soutiens Solo et son président dans sa démarche. J'ai passé beaucoup de temps à y penser depuis les dernières années, glanant les opinions auprès de plusieurs marchés et spécialistes.

    Mon idée est faite, j'aime bien  le mot «branding» qui est rapidement compris sur plusieurs marché, qui est à la fois simple, évocateur, bilingue et sans embûche phonétique, bref un nominal intelligent.

    Bonne Lecture!

  7. Par Pascale Berthiaume
    vendredi, 12 février 2010 à 11:10

    Tout à fait d'accord avec M. Beausoleil!

    Et c'est en plus une belle occasion pour le Québec qui se dit créatif... de créer la nouvelle expression!

  8. Par Philippe Lamoureux
    vendredi, 12 février 2010 à 11:54

    Revoyez cette entrevue de M.Gaston Miron. Ça peut répondre à vos intérrogations sur notre langue.

    www.tagtele.com/.../39617

  9. Par Yves Simard, Symio Branding
    vendredi, 12 février 2010 à 02:06

    Pour répondre à M. Beausoleil, "stratégie de marque" ne convient pas selon moi. D'une part, le mot stratégie est hyper galvaudé surtout par les gens de communication (refaire le logo ou créer un slogan ne sont pas des stratégies mais des moyens). Il suffit de lire des plans de com ou de marketing pour voir que leurs auteurs confondent moyens et tactiques avec stratégies. D'autre part, recommander une stratégie n'est que le début du travail du professionnel en branding. Il devra surrtout aider les ressources internes de son client à gérer la marque au quotidien. Il faudra obtenir l'ahésion des employés, conditionner l'expérience client, cultiver, mesurer, ajuster, renforcer, etc. Le mot marketing est un verbe d'action qui se traduit littéralement par "mettre en marché". Sur cette base, le mot "branding" devrait se traduire par "marquer".

    P.S. 1 = Branding vient du mot anglais brand (marque) issu lui-même du mot allemand brennen (brûler).

    P.S. 2 = Peut-on svp élever le débat au-dessus du nationalisme linguistique? Il y a une marge entre l'emploi d'un mot dans un jargon professionnel et la préservation de la Culture avec un grand "C". La Loi 101 est une excellente chose mais il faut aussi s'adapter au temps présent.

    P.S. 3 = De graĉe, laissez Messieurs Bourgeault et Miron dormir en paix. La Terre continue de tourner et, je l'espère, l'humanité d'évoluer.

  10. Par Yves Blain
    vendredi, 12 février 2010 à 02:19

    J'arrive pas à comprendre, dans un monde (et dans une industrie) où règnent des enjeux si critiques, qu'on perde notre temps (et de nos impôts) à des questions si futiles.

    Les vigilents limiers de l'OQLF doivent se sentir vraiment valorisés d'avoir débusqué cette menace grave à notre bien-être collectif, alors qu'il y en a d'autres qui perdent visiblement leur temps à rebâtir des pays dévastés. (Je sais, c'est un peu facile et démagogique, mais ça fait quand même remettre les choses en perspective.)

    Honteux.

  11. Par Philippe Jacques, Solo Communications
    vendredi, 12 février 2010 à 03:10

    Je suis très heureux de lire les réactions nombreuses et articulées des intervenants au débat : notre langue reste un sujet passionnant, et c’est tant mieux. Je constate aussi une grande variation de la définition du mot Branding. Ces divergences d’opinions et les descriptions des multiples éléments qui constituent le

    Branding me confortent dans ma conviction que le mot ne peut se traduire simplement en français, et que son emprunt tel quel dans notre langue est adéquat.

  12. Par Pascale Berthiaume
    vendredi, 12 février 2010 à 03:46

    @ Philippe Jacques, une question : si justement il y a une grande variation de définitions du mot branding comme vous dites, n'y a-t-il pas justement un besoin de préciser le sens de ses variantes? Et pourquoi pas, à l'aide de nouvelles expressions? Et pourquoi pas, en français?

    @ Yves Simard : s'il faut laisser l'humanité évoluer, pourquoi pas la langue?

  13. Par Alice Savage, ATOUT PLAN
    vendredi, 12 février 2010 à 09:26

    M. Philippe Jacques, je suis ravie pour vous puisque vous ne voyez dans les diverses interventions ci-dessus que ce qui vous rassure. Je vous soumets respectueusement un avis divergent, et j'espère que vous vous en rendrez compte, ayant vous-même lancé cette polémique.

    On m'en a raconté une similaire, quoique moins publique: c'est arrivé il y a près de 40 ans, quand Hydro-Québec avait entrepris une dure bataille, finalement couronnée de succès, pour la francisation du monde de l'ingénierie.

    En résumé, Électricité de France avait un «centre de dispatching» et, lorsque les gens de l'Hydro ont baptisé leur nouvelle installation «répartition», les ingénieurs français de se moquer : «Répartition, ça ne veut pas dire la même chose ! C'est employé pour dire ceci et cela... le dispatching c'est une nouvelle technique, donc...». Eh bien ! Ce sont finalement les Français qui ont changé le nom de la fonction. Notez qu’EDF est au moins 10 fois plus grosse qu'Hydro-Québec. Le bon sens et la diplomatie font parfois des merveilles.

    Les termes français (du moins ceux de l'OLF) ne peuvent pas prévaloir dans toutes les situations, c’est vrai mais dites-moi, par exemple: est-ce que nous aimons mieux dire ferry ou traversier?

    Le langage est un ensemble de signes et de conventions. Lesquelles peuvent changer, c'est un argument aussi bien à l’appui de votre position que de l’opposée. Mais selon moi on ne peut faire abstraction des facteurs politiques, comme la nécessaire préservation d'un minimum de visage «français» à Montréal.

    Alors, puisque Solo Communicaïchions, tout en dissimulant autant que possible sa raison sociale anglophone, affiche son credo dans la rue et puisque, effectivement, il existe des mots français pour bien dire la plupart des choses (vous avouez vous-même que la définition est à établir, par conséquent vous vous accrochez à un mot qui n’existe pas, simplement parce qu’il vient de l’anglais ?), je vous suggère un peu de respect pour le public péniblement mais légitimement représenté par un organisme gouvernemental.

    Je vous accorde que l'OLF semble s’être fourvoyé dans sa suggestion ; vous n'ignorez pas que : innovation = risque = erreurs potentielles, n'est-ce-pas?

    L'enjeu réel est d'accepter ou non le principe d'un vocabulaire français accessible à vos concitoyens, quand tant de faux savants nous purgent (merci Molière!) dans un jargon où un semblant d’anglais est l'équivalent du latin de cuisine du XVIIe.

    Le principe et l'ouverture d'esprit établis, on pourrait discuter quelle convention conviendrait le mieux. Moi je voterais pour «stratégie de marque», qui me semble être la meilleure description du concept. Qu'importe si certains donnent un sens restrictif ou déformé au mot «stratégie» ? S'il fallait se priver de bien employer tous les mots galvaudés par des ignorants...

  14. Par Philippe Jacques, Solo Communications
    samedi, 13 février 2010 à 05:13

    Madame Savage,

    Je note deux erreurs, la première dans l’épellation du nom très francophone de Solo communications (encore une notion mal comprise ou juste frustrée la madame) et bien sûr réduire la démarche très complexe du branding à seulement une des ces fonctions.

    Messieurs Simard et Tremblay, des spécialistes reconnus de notre industrie, ont fourni suffisamment d’informations sur le sujet. Allez voir le lien soumis par monsieur Tremblay. Vous comprendrez après un certain temps l’envergure de ce mot et pour quoi il doit être accepté.

  15. Par josée
    lundi, 15 février 2010 à 09:13

    @ Pascale Berthiaume, la variation est due à la méconnaissance d'une vraie démarche de Branding. Juste à lire les autres définitions : image de marque, logo et stratégies de marque, nous prouvent bien que les gens manquent de connaissances dans le domaine. Votre suggestion de trouver une nouvelle expression quand le monde entier incluant la Francophonie ne serait pas très bon pour le « Branding » de l'industrie Québecoise.

    @ Alice Savage, on ne peut pas compter sur vous pour relever le débat. Votre définition réduite « stratégie de marque » est un manque flagrant du travail à faire.

    Attaquer Solo ou son président est vraiment déplorable. Vous ne connaissez sûrement pas la bonne réputation de l'agence.

  16. Par Phlippe Lamoureux
    lundi, 15 février 2010 à 11:33

    Réponse à Yves Simard.

    P.S. 3 = De grâce, laissez Messieurs Bourgeault et Miron dormir en paix. La Terre continue de tourner et, je l'espère, l'humanité d'évoluer.

    Je crois que vous devriez revoir cette entrevue et ce jusqu"à la fin, vous comprendrez alors que M.Miron ne pourfend pas l'emploi d'un mot Anglais dans une structure de phrase Francophone et que bien des mots étrangers furent soit francisé soit intégré. Comme vous l'avez si bien démontrer avec l'origine du mot Branding... le français évolue lui aussi, c'est ce que M. Miron tend à démontrer déjà à cette époque que vous semblez trouver archaïque.

    De plus vous confondez nationalisme avec usage de la langue, c'est comme si je détectais chez vous un problème d'identité causé par un traumatisme de la ceinture fléchés. Tout comme vous je ne crois pas que le fondement du français soient attaqué à cause d'un mot dans un jargon professionnel. Cependant il faut se poser ces questions lorsque de nouveaux mots ou nouveaux emprunt font surface, pour en voir leur pertinence. C'est ce qui contribuent à faire évoluer notre langue mon cher ami.

  17. Par Etienne Chabot, www.etiennechabot.com
    lundi, 15 février 2010 à 02:58

    Les temps sont durs...Je ne peux croire que la police de l'OQLF n'a rien de mieux à faire avec nos impôts que d'essayer de coincer des petites entreprises qui affichent dans leur vitrine le vilain mot "branding". Pathétique.

  18. Par Gilles Laforce
    jeudi, 18 février 2010 à 03:15

    Pourquoi tant de haine ? Pathétique, dites-vous ! Vous avez raison, quelques commentaires frisent le... comment dire ? Ça n'a pas d'importance dites-vous ! Bien sûr que oui, c'est important. Non pas de choisir un mot ou un autre, mais de choisir sa langue. Que le mot branding s'impose dans le milieu des agences, personne n'y peut rien. L'usage est maitresse du destin des mots. Il y a tout de même quelque chose de gênant dans le fait que des spécialistes de la communication refuse toute tentative de francisation d'un mot. La principale qualité d'un néologisme est d'être suffisamment clair et précis pour que sa signification soit comprise le plus rapidement possible par le plus grand nombre possible de personnes. En général, ça se fait grâce à des déductions sur la base de l'étymologie du mot ou si vous préférez, de ses racines.

    De ce point de vue, le mot «branding» n'est pas plus enseignant en anglais qu’en français. «To brand» signifie «marquer» et au début «marquer au fer rouge». «The brand, la marque», indiquait quel éleveur était propriétaire du bétail. On marquait ainsi sa propriété, au fer rouge comme l'indique monsieur Simard. Je crains que cela ait aussi été le cas des esclaves déportés de l’île de Gorée vers le sud des Etats-Unis. Ultérieurement, une extension de sens réfère à l'action de catégoriser. Toutefois, quelque soit l'acception (et non acceptation, monsieur Pinard) du mot marque ou «brand», il ne réfère pas à la réalité qu'il tente de nommer. On aurait pu préférer le mot «Signature» qui indique «l'exactitude,  l'authenticité, la responsabilité, l'engagement, la promesse, mais aussi  le style et la personnalité». Le Grand dictionnaire Robert propose une amusante définition dans le contexte : «Nom ou marque de l'auteur, apposé sur une œuvre». Assez proche parent du branding, non ?  Bon le mot signature était effectivement occupé à autre chose de beaucoup plus simple dans le secteur du marketing, alors on adopte un mot simple pour recouvrir un processus complexe. C'est con, mais c'est comme ça.

    Savez-vous, j'ai l'intuition que l'OQLF est relativement indifférente au fait que vous «brandiez» avant ou après les repas ou que personnellement vous vous «parquiez» dans un espace réservé. Il n'y a pas si longtemps, on moquait les Français pour l'usage abusif de mots anglais par pur snobisme. Si aujourd'hui, l'on préfère parler franglais, pas de trouble, c'est le droit strict de tout citoyen dans un pays libre. Si vous souhaitez aussi «scraper» votre mobilier, pas de trouble, c’est votre droit, mais éviter tout de même de le faire chez le voisin.

    Voilà, il s'agit d'affichage, pas d'une conversation entre spécialistes du marketing, ou faut-il dire «marketeurs». Pour tout un chacun, le mot «branding» ne signifie rien et ne réfère à rien. Il pourrait d'ailleurs ne jamais passer dans l'usage populaire, tant les définitions sont variables suivant les locuteurs, dirait l'Office. Le mot est une convention auquel tous se réfèrent pour se comprendre. Tous les signes le sont plus ou moins. Il existe effectivement des vocabulaires spécialisés, mais il s'agit généralement de mot savant et extrêmement précis puisqu'utilisé par peu de gens et dont chacun peut avoir l'assurance de parler de la même chose que son interlocuteur.

    Pourquoi, donc, refuser de chercher un équivalent français ? En quoi est-ce que cela créerait de la confusion ? En quoi est-ce que ça vous diminuerait ?

    Il y a un bon moment déjà, les gens de l'air du Québec ont fait grève pour l'usage de la langue française dans les transports aériens. Le fait est qu'il était interdit pour un pilote francophone de s'adresser à un aiguilleur du ciel francophone dans sa langue. Question de sécurité prétendait les autorités aéroportuaires. Le pilote de Québec Air en provenance de Matane ne pouvait parler français avec le personnel dans la tour de contrôle de l'aéroport de Québec (il y en avait une à l’époque). Sécurité ? Les gens de l'air ont gagné et la suite a montré que leurs contradicteurs avaient tort.

    Le grand dictionnaire terminologique de la langue française suggère «Stratégie de marque». Le mot «stratégie», monsieur  Simard, signifie ce qu'il signifie : «Ensemble d'actions coordonnées, de manœuvres en vue d'une victoire» - GDRobert. Bon il est vrai que le mot «tactique» est plus proche de l'action et aussi vrai que le «branding» pourrait recouvrir stratégie et tactiques à la fois. Le GDT suggère aussi «Valorisation de la marque». C'est pas mal, ça, non ! Le Mouvement Desjardins, à l'instar de plusieurs agences de marketing à travers la francophonie utilise l'expression «gestion de la marque». Pourquoi pas ?

    Chose assurée, «Choix de la marque» est une mauvaise proposition. Tout le monde en convient. Alors, pourquoi ne pas proposer des suggestions à l'Office, vous qui semblez offensés de ne pas avoir été consulté ? Pour tout un chacun, «valorisation de marque» ou autre, n'auront peut-être pas davantage de sens que «branding», mais à tout le moins ils reconnaitront que c'est l’alphabet  français et non du cyrillique. C'est à dire, en somme, qu'ils se reconnaîtront.

    Quant aux collègues avec qui vous continuerez de «refaire des branding», aux clients pour lesquels vous ferez une job de «packaging» ou de «racking», le coiffeur qui s’occupe de votre «brushing», tous ceux-là savent de quoi ils parlent, ils comprendront quand on lira «gestion de la marque» sur votre devanture. Au final, peut-être que les uns et les autres vous en seront reconnaissants.

    P »S » le mot «mercatique», monsieur Simard, réfère au secteur d’activités, à la discipline si vous préférez comme dans logistique, informatique, etc. Pour marketing, on suggérait mise en marché, commercialisation, certains même on évoqué «science du marché», Mais bon, marketing est passé. Pas de souffrance !

    Le mot «design», monsieur Tremblay, est effectivement passé dans la langue française et est aujourd’hui à l’abri dans les dictionnaires. Il réfère toutefois au souci de fabriquer de beaux objets utilitaire

  19. Par josee Fortin
    jeudi, 18 février 2010 à 05:02

    Très intéressant monsieur Laforce quoiqu’incomplet.

    Le Branding est déjà très courant dans la langue. Plusieurs fois utilisés à la radio, à la télévision (à l'émission "la joute" à Télé-Québec la semaine dernière) et dans les entreprises en général, même chez Desjardins (notre client).

    Le commun des mortels connaît le terme sans pour autant en connaître tous les éléments de la discipline.

    Votre définition de Marketing laisse de côté plusieurs autres opérations de cette discipline en plan. Ainsi que vos suggestions pour le terme Branding. Innovons au Québec avec une définition incomplète, quelle belle jambe!

    N'en déplaise à vous et vos collègues de l'OQLF, Marketing, Design et Branding font maintenant partie de la langue française. Vous pouvez aussi corriger mon texte, je dois retourner à mes planches. Je vous laisse la révision de celui-ci.

  20. Par gilles thompson
    jeudi, 25 février 2010 à 08:50

    Bonjour madame Ducas,

    Que l’on est conciliant envers la langue des Anglos!

    Selon moi, l’expression Branding est trop près du mot BREEDING.

    Quand j’entends Branding, je pense aux vaches dans le champs qui attende que le taureau passe.

    Ca ne fait pas classe.

    La langue de Molière est une langue de classe, raffinée.

    Laissons aux Anglos leur Br...ding.

    Nous, dans notre langue cela fait trop 'RUMINANT'.

    L’expression "stratégie de marque" me plait énormément.

    C’est innovateur et plein de respect pour la langue de Molière.

    Nous francophones, du moins ceux qui se respectent, aimons mieux ne pas être associes aux croisements de génisses et autres bibittes.

    On a assez perdu de temps!

    Passons a  autre choses!

    Vous voulez parler d’un enjeu important…

    CENTRE-VILLE DE MONTREAL

    ====================================

    Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos.

    Déjà un millier de dérogations à la Charte de la langue française!

    Et ce ne sont ni des rumeurs, ni des ouï-dire, ni des peurs mal-fondées, ni des épouvantails à moineaux, ni des conclusions théoriques basées sur des rapports de statistiques tronquées produits par l’O.Q.L.F; Ce n’est qu’un constat sur le terrain.

    Et comme Paul Watzlawick, philosophe et grand psychanalyste, dit bien dans sa formule: « La déliquescence des cultures précède la disparition des sociétés ».

    « Quand nous défendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule. » – Pierre Bourgault

    Allez visiter le site web d’Impératif Français pour voir en totalité le millier d’infractions à la loi 101 au centre-ville de Montréal :

    www.imperatif-francais.org/.../montreal-anglais.html

    Pour un bref aperçu (si vous manquez de temps), allez visiter ce lien:

    www.youtube.com/.../montrealenfrancais

    gilles thompson

  21. Par Micheline Savard
    lundi, 01 mars 2010 à 02:21

    Petite rectification. Les équivalents français de branding qui figurent dans Le grand dictionnaire terminologique sont de l'Institut Canadien des Comptables agréés (2006) et non de l'OQLF, comme l'indique la signature des fiches. C'est aussi écrit clairement dans la note.

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