(Mis à jour à 15 h) Les actionnaires de Cossette, réunis ce matin en assemblée générale extraordinaire, ont approuvé à plus de 99% l'offre d'acquisition par la firme d'investissement Mill Road Capital, de Greenwich au Connecticut. L'offre approuvée est celle annoncée le 30 novembre dernier, pour 8,10$ l'action, soit un montant total évalé à 135 millions$. Elle représentait une majoration d'une première entente avec Mill Road, annoncée le 10 novembre dernier, pour 7,87$ l'action.
"Nous sommes contents de pouvoir passer à autre chose et de regarder vers l'avenir, déclare à Infopresse Dominique Lebel, vice-président exécutif de Cossette, à l'issue de l'assemblée. Cossette est une grande agence. Je me sens plus que jamais privilégié d'y être. Nous allons vraiment pouvoir poursuivre notre croissance."
Claude Lessard, président et chef de la direction de Cossette, a pour sa part, dans une allocution suivant l'assemblée, indiqué qu'aujourd'hui "constitue le début d'une étape cruciale dans notre vie organisationnelle, que j'appellerais notre troisième vie", avant de faire un bref retour sur l'histoire de l'organisation. Il a notamment rappelé la croissance de Cossette, qui, depuis sa naissance à partir d'un modeste studio de design graphique en 1972, est devenue la plus importante agence de publicité canadienne. Il a aussi tracé le bilan de la présence boursière de Cossette, devenue une compagnie publique en 1999. "Pour plusieurs observateurs, ce que nous avions réussi constituait déjà tout un exploit. Mais (...) nous voulions devenir un joueur international dans les communications-marketing et nous insérer dans le top 25 au monde, ce qu'aucune entreprise canadienne n'avait réussi. La décision de devenir une compagnie publique a découlé de cet objectif stratégique. Aujourd'hui, nous n'avons absolument aucun regret quant à cette décision. Cossette est désormais une entreprise qui génère 217$ millions de revenus, emploie plus de 1400 personnes dans quatre pays très importants pour notre croissance future: le Canada, le Royaume-Uni, les États-Unis et
la Chine. Nous
occupons le 23e rang mondial des firmes de communication. Notre objectif est atteint. La vision que nous avions en 1999 est aujourd'hui une réalité."
"Nos clients ont été très patients lors de tout le processus, et nos employés sont demeurés très concentrés et efficace, ajoute pour sa part Dominique Lebel. On n'avait pas choisi de remettre Cossette en jeu, mais nous sommes contents du résultat." Il a par ailleurs souligné que, bien que les propriétaires de l'agence soient désormais américains, l'orientation et l'identité québécoises de l'agence demeurent. "Une agence de publicité, ça ne se déménage pas, dit-il. Les clients sont ici, la créativité est ici. Cossette demeure Cossette."
Claude Lessard, avait lui aussi remercié, dans son allocution, les clients pour "leur patience, leur compréhension et leur fidélité de tous les instants ", en soulignant que "pas un ne nous a laissé tomber au cours de ces cinq mois. Il a aussi salué les employés, qui ont démontré "un engagement sans faille et un esprit de corps incroyable pour livrer un produit spectaculaire". Enfin, après avoir souligné de façon particulière la contriution de l'équipe du siège social de Québec, il a souligné en particulier la loyauté de Pierre Delagrave, président de Cossette Média et de Fjord, et associé dans l'agence. "J'ai apprécié la loyauté indéfectible de ce compagnon de route depuis de nombreuses années, qui décida, comme il l’avait tant de fois par le passé, de rester à mes côtés en juillet dernier lorsque l’événement peut-être le plus sérieux et le plus impactant de notre vie professionnelle commune s’est produit. S’il n’avait été de cette loyauté, je ne serais pas devant vous aujourd’hui à conclure cette aventure sur une note aussi positive. Pierre, merci du fond du cœur. Je n’oublierai jamais ce geste de ta part."
Rappelons que Cossette s'était mise en quête d'un acquéreur après avoir fait l'objet, à la fin de juillet dernier, d'une
offre d'achat non sollicitée, lancée par
Cosmos Capital, un groupe piloté par
François Duffar, ex-dirigeant de Cossette, et auquel venait de se joindre
Georges Morin, ancien vice-président principal, développement, de Cossette. Par la suite, après l'annonce de l'entente de Cossette avec Mill Road, Cosmos
avait annoncé le 17 novembre qu'il augmentait son offre pour égaler celle de Mill Road, à 7,87$ l'action, suite à quoi Mill Road avait majoré son offre, à 8,10$.