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L'ouverture après-demain du Marché climatique de Montréal encouragera les entreprises à utiliser la notion d'achat de crédits de carbone dans leur marketing ou positionnement d'affaires. 

C'est ce qu'affirme Karel Mayrand, directeur de Planetair, un programme d'achat volontaire de crédits de carbone.

Essentiellement, les crédits de compensation d'émissions de carbone sont une unité de mesure correspondant à une réduction des gaz à effets de serre par une entreprise par rapport à un scénario donné. Ces crédits peuvent ensuite être échangés sur des marchés du carbone, les acheteurs compensant pour leurs émissions.

"Dans certains cas, l'achat de crédit de carbone se fait de manière volontaire, ce sera le cas pour les entreprises canadiennes et ce jusqu'en 2010. Mais dans les pays où une réglementation existe, elle est obligatoire pour les organisations qui dépassent leur quota d'émission", explique Karel Mayrand.

Celles qui ont acheté des crédits pour compenser l'émission de gaz carboniques peuvent en retour le faire valoir dans leurs communications, notamment en apposant le logo de Planetair ou d'un organisme du genre.

Cette tendance s'inscrit dans un mouvement plus large où les entreprises cherchent de plus à plus à compenser pour les émissions engendrées par leurs activités. Mais toutes les initiatives n'ont pas la même valeur. "Certaines sociétés annoncent qu'elles planteront un arbre en échange d'un geste d'un consommateur, comme de rapporter un vieux cellulaire, explique Karel Mayrand. Mais ces arbres peuvent avoir été plantés dans la cour arrière et mourir au bout d'un an, ce qui n'a pas d'impact valable. Pour qu'une démarche soit crédible et qu'il n'y ait pas d'effet boomerang pour l'entreprise, elle doit avoir été accréditée par un organisme indépendant."

Du côté du positionnement d'affaires, des entreprises comme Google, HSBC et Dell ont même décidé de devenir carboneutres, en compensant notamment pour les déplacements de leurs employés et leur consommation d'électricité.

L'industrie des événements est aussi très avant-gardiste dans le domaine. Un nombre grandissant d'entre eux, comme le Forum Tremblant, organisé par la firme de relations publiques National, annoncent aux participants que l'équivalent de leurs déplacements a été compensé.

L'industrie aérienne est également active dans le secteur. Par exemple, Air Canada a fait l'an dernier la promotion du programme "Zero Foot Print", permettant aux clients de calculer en ligne et d'acheter eux-mêmes, sur une base volontaire, des crédits compensant les émissions de leur vol. Toutefois, selon Karel Mayrand, aucun transporteur aérien canadien n'assume directement les frais de compensation liés à un vol donné.

Au Québec, la notion de crédits de carbone demeure méconnue du grand public, contrairement à l'Europe, où les communications d'affaires à ce sujet sont monnaie courante. "Mais l'arrivée du Marché climatique va contribuer à rendre cette notion plus accessible, dit Karel Mayrand. Il y a un engouement."

Cette nouvelle est produite avec la collaboration de Novae.ca, le site d'actualité du développement durable.