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Les rapports de développement durable: l'émergence d'un marché
 
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Les rapports de développement durable ont de plus en plus la cote auprès des entreprises, comme en fait foi la publication ces derniers jours des premiers documents du genre par Loblaw et Cascades.  

"Les rapports de développement durable sont une réflexion de l'entreprise sur son lien à l'économie, à la société et à l'environnement. Les sociétés y rendent des comptes à ces trois échelons", explique Claude Normandin spécialiste des finances responsables. Son organisation, Fondaction, un fonds en faveur d'une finance responsable, créé à l'initiative de la CSN, publie elle-même un rapport de développement durable depuis 2006.

Selon Claude Normandin, l'apparition de ces rapports suit une évolution naturelle, puisque plusieurs entreprises produisaient auparavant des bilans sociaux et environnementaux, tandis que d'autres intégraient ces dimensions à leur rapport annuel.

"Mais aujourd'hui, elles ne doivent plus uniquement rendre des comptes à leurs financiers. Les groupes de pression et la population ont aussi commencé à dire: «On veut en savoir plus sur vos activités», explique-t-elle. D'ailleurs, les organisations appartenant à des secteurs plus sensibles ont été parmi les premières à produire des rapports de développement durable."

Afin de s'assurer que ces documents correspondent à certains standards, on a aussi vu naître l'organisation Global Reporting Initiative (GRI), qui publie des lignes directrices pour la production de tels dossiers. "Cela permet d'éviter que le rapport ne constitue qu'un exercice de relations publiques, dit Claude Normandin. On ne peut pas comme entreprise mettre seulement les chiffres qui font notre affaire. Le GRI donne énormément de crédibilité à la démarche de communication."

Le rapport de Fondaction suit les règles de la GRI, ce qui est aussi le cas de celui de Cascades, mais pas de Loblaw. Cette dernière envisage toutefois d'adopter ces règles pour l'an prochain.

Claude Normandin voit dans la popularité croissante des rapports de développement durables l'émergence d'un marché pour les agences de communication. "Mais peu de communicateurs sont suffisamment formés pour poser des questions pertinentes à leurs clients sur l'information qu'ils soumettent, dit-elle. C'est important de voir ce document sous un autre angle que celui du branding. Mais l'un n'exclut pas l'autre, au contraire."

Elle convient que la barre est haute. "C'est parfois douloureux comme exercice de se dire qu'on n'a pas atteint ses objectifs, dit-elle. Mais personne n'est parfait, et le public y verra plus d'honnêteté que dans un «party» de feux d'artifice. Et il faut aussi savoir qu'un tel rapport représente un outil de mobilisation des employés et des gestionnaires, de même que d'orientation des pratiques."

Cette nouvelle a été rédigée en collaboration avec Novae.ca, le site d'actualité du développement durable.