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Pour ou contre la publicité à la télévision publique?
 
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L'annonce du président Nicolas Sarkozy annonçant l'abolition possible de la pub à la télévision publique en France rejoint un débat qui revient régulièrement ici, soit le rôle de la télévision publique et sa compatibilité avec une vocation commerciale.

Lors d'un point de presse en début de semaine, Nicolas Sarkozy a déclaré souhaiter une suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques, qui seraient dorénavant financées par une taxe sur les recettes publicitaires des chaînes privées et une taxe "infinitésimale" sur le chiffre d'affaires des nouveaux médias.

Cette déclaration a suscité diverses réactions dans l'industrie des communications en France, autant chez les diffuseurs que chez les agences de publicité et les annonceurs.

Ici aussi, le débat émerge régulièrement lorsqu'il est question du rôle de Radio-Canada. Ses détracteurs (à commencer, il faut bien le dire, par ses concurrents) lui reprochent de se lancer dans une course aux cotes d'écoute et de piétiner "les plates-bandes du privé", en investissant à mauvais escients les fonds publics.

Parmi les initiatives "hors mandat" reprochées à Radio-Canada, notons l'achat de séries américaines comme "Beautés désespérées" et "Perdus". Mais il y a aussi eu, tour à tour, divers quizz et galas, les films, le sport et diverses émissions à vocation jugée trop "populaire", de "Lance et compte" jusqu'à "Les Boys", en passant par "La Petite Vie".

Serait-il pertinent d'abolir la publicité à Radio-Canada et à Télé-Québec, puis de compenser par d'autres formes de financement? "Il faut quand même garder en tête que les modèles d'affaires sont très différents en France et ici, dit Gilbert Marin, consultant en médias et président d'Espace M. Le marché aussi est différent: ils sont 60 millions, contre 7 millions ici. La pub à Radio-Canada génère de 125 à 150 millions$ de revenus, du côté francophone. Peut-on aller chercher l'équivalent, que ce soit en taxes ou en redevances sur la câblodistribution et la distribution satellite?"

 

Richard Portelance, directeur général du service commercial de Radio-Canada, s'est dit "très surpris" de la déclaration de Nicolas Sarkozy. "J'ai rencontré le directeur commercial de France Télévisions à la fin de l'année dernière, et rien ne laissait envisager une telle déclaration, d'autant qu'ils venaient de mettre en place une réforme de leurs façons d'agir, dit-il. Ça m'étonnerait que le gouvernement Harper prenne une telle décision à court terme, étant donné le climat économique, dit Richard Portelance. L'apport publicitaire représente de 33% à 35% des revenus de Radio-Canada. Pour compenser, il faudrait des millions$ d'investissements. Redéfinir tout le financement de la télévision publique entraînerait une augmentation du coût du PEB, et je ne pense pas que les annonceurs apprécieraient."

Télé-Québec a même suivi le chemin inverse: en 2001, le CRTC l'a autorisée à passer de six à huit minutes de pub à l'heure. Michèle Fortin, présidente et directrice générale de Télé-Québec, affirme ne pas s'opposer à l'idée sur le principe, mais y voit un problème de ressources financières. "L'apport de la publicité pour Télé-Québec est d'environ 9 millions$, explique celle qui a d'ailleurs été auparavant vice-présidente de la télé française de Radio-Canada. Si le gouvernement nous donne l'équivalent en subventions, pourquoi pas.... mais je préférerais mettre cet argent dans les émissions plutôt que pour compenser la perte des revenus budgétaires. Depuis une dizaine d'années, les subventions du gouvernement ont été réduites de 10 millions$. La publicité nous permet de compenser les sommes pas obtenues autrement. Mais dans un monde idéal, il n'y aurait pas de publicité du tout."

Gilbert Marin soulève un autre point. "Radio-Canada atteint, du moins avec certaines émissions, un public qui ne regarde pas beaucoup la télé autrement, et qui est donc difficile à toucher pour les annonceurs. Si ce genre d'inventaire n'était plus disponible, cela réduirait la portée des campagnes."

Devrait-on abolir la publicité à la télévision publique? Faites-nous part de votre opinion et de vos commentaires.

 

Commentaires


 

Selon Didier Si Ammour de CBNEWS, Bruxelle lancerait une consultation publique sur les règles du financement de l'audiovisuel public eu Europe.

"La Commission européenne a demandé aux Etats membres de l'UE et aux parties intéressées de lui soumettre d'ici le 10 mars leurs commentaires sur les règles du financement de l'audiovisuel public, dans le cadre d'une consultation publique. Bruxelles proposera ensuite "le cas échéant" une révision des textes régissant actuellement l'octroi d'aides d'Etat pour les services publics de radiodiffusion, "si possible pour la seconde moitié de l'année 2008, afin qu'elle puisse être adoptée d'ici l'été 2009", a-t-elle précisé. "L'évolution des marchés sous l'effet de la numérisation et de la convergence des médias rend nécessaire une analyse attentive et un éventuel développement des règles existantes", souligne un document de la Commission, qui n'entend toutefois pas revenir sur les grands principes déjà posés dans un texte de 2001. L'initiative de la Commission entre dans le cadre d'une campagne menée par la commissaire à la Concurrence, Neelie Kroes, en faveur d'aides publiques moins importantes et mieux ciblées."

David Nathan / Infopresse

Commenté par David Nathan, Infopresse
vendredi, 11 janvier 2008 à 11:38